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Les étudiant·es de l’EPFL approuvent à 86% un boycott d’Israël

Le mouvement propalestinien crie victoire après l’adoption d’une motion en faveur du boycott académique dans la plus grande association de l’EPFL.

Ce mardi 14 avril avait lieu l’assemblée générale de l’Agepoly. Avec 13’000 membres, l’association fondée en 1951, représente les étudiant·es de l’école et organise une grande partie des évènements culturels sur le campus.

Malgré que l’association assume historiquement une position corporatiste1 et méfiante de toute prise de position publique, les étudiant·es qui ont décidé d’engager leur association et d’exiger la fin des collaborations avec les universités israéliennes.

L’appel au boycott des universités israéliennes émerge en 2004 à travers la campagne de nombreux universitaires palestiniens, sous le nom de PACBI (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel). 

Depuis la nouvelle vague de massacres à Gaza, les revendications historiques du mouvement ont été reprises durant les mobilisations étudiantes au sein de nombreuses universités, avec plusieurs succès notoires tels qu’en Espagne, en Belgique, en Irlande, aux Pays-bas, en Norvège, et même en Suisse à Genève et à l’UNIL.

La coordination étudiante propalestiniene (CEP-EPFL), principale organisation propalestinienne, se réjouit de cette décision, dans un communiqué de presse récemment publié. Celle-ci affirme:

“Par une écrasante majorité, les étudiantexs ont engagé leur association représentative.”

CEP-EPFL

Avec 375 votes pour le soutien du boycott académique et 44 votes contre, les étudiant·es ont manifestement été convaincu·es par la nécessité de mettre fin au lien entre leur école et ses partenaires académiques en Israël.

Notons une progression inattendue par rapport aux scores de l’assemblée générale du 7 mai 2024. Celle-ci avait décidé de réprimer la politique de soutien unilatéral à Israël et la répression de la direction qui avait sanctionné l’association Polyquity pour la tenue d’une conférence reprochée “partisane” sur le fémonationalisme. Le nombre d’étudiant·es mobilisé·es à cette assemblée, environ 300, était déjà historique, sans doute aidé par l’occupation durant plusieurs heures le jour même d’un bâtiment par le mouvement propalestinien de l’EPFL. Voir notre article sur l’assemblée générale du 7 mai 2024.

Tanguy, un des étudiant·es ayant porté ces propositions au vote auprès de la population estudiantine témoigne auprès du Canard Huppé d’une “ambiance très supportive” et se réjouit que les “revendications fassent autant la majorité”.

Cette assemblée a été convoquée grâce à la mobilisation de plus de 700 étudiant·es, demandant la tenue d’une assemblée générale extraordinaire face au refus d’une chambre des délégué·es et des commissions de l’association2. Celle-ci n’ayant pas jugé opportun l’ajout du vote sur les revendications au sein d’une assemblée ordinaire. Une décision qui fait questionner sur la légitimité de cette chambre face aux très bons résultats obtenus mardi.

Une seconde motion adoptée au sein de l’assemblée souhaite un plus grand soutien de l’association représentative envers les étudiant·es menacé·es de sanctions et dénonce la répression des manifestations sur le campus.

Plusieurs étudiant·es ont notamment été poursuivi·es, d’abord disciplinairement et judiciairement, après avoir participé à une manifestation non autorisée à Vivapoly en 2025. L’EPFL avait fini par clôturer la procédure sans suite par “volonté d’apaisement”, la procédure judiciaire n’ayant également pas abouti. Un signe pour la CEP, qui affirme que ce manque de suite prouve “le caractère abusif de ces poursuites”.

Reste à voir si la direction de l’EPFL entendra les revendications maintenant portées par son principal interlocuteur étudiant, celle-ci affichant toujours un refus systématique de revoir ses collaborations avec Israël.

  1. Doctrine visant la collaboration – à l’opposé de la lutte – entre le groupe qu’elle représente et l’administration/le patronat ↩︎
  2. Groupe d’étudiant·es actif, principalement autour d’un évènement ou d’un hobby, au sein de l’association ↩︎

Par Comité de rédaction du Canard Huppé

Le comité de rédaction du Canard Huppé gère et rédige régulièrement des articles dans le journal. Il édite une journal papier disponible sur le campus universitaire ainsi que le journal en ligne. Enfin il encadre le travail des étudiant·es qui souhaitent écrire dans notre journal afin de donner conseils et faciliter la tâche. Ce comité est complètement indépendant du comité de direction de l'association.

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