Catégories
Divers

Les universités israéliennes sont un outil clé du régime d’apartheid

Cet article est un extrait du livre: “Towers of Ivory and Steel: How Israeli Universities Deny Palestinian Freedom” de Maya Wind. Ce passage est sorti dans le journal new-yorkais Jacobin que nous reproduisons aujourd’hui en français. C’est avec l’autorisation de Maya Wind et du journal Jacobin que nous avons le plaisir de vous proposer cet extrait.

Les opposant·xes au boycott académique des universités israéliennes prétendent que ces dernières sont des havres de paix et de liberté. En réalité, elles apportent un soutien vital au système d’apartheid israélien et sont complices de la répression violente de la recherche palestinienne.

Dans sa guerre génocidaire actuelle contre la bande de Gaza, Israël a détruit toutes les universités palestiniennes de l’enclave par des frappes aériennes ou des explosions contrôlées. Les laboratoires de médecine et d’ingénierie, les tribunaux d’entraînement des facultés de droit, les salles de réunion et de remise des diplômes, les riches collections de livres, d’œuvres d’art, d’archives et d’objets archéologiques ont toutes été complètement anéanties. Des décennies de vie universitaire et politique des étudiant·xes palestinien·xnes ont été instantanément balayées.

Cette guerre contre l’éducation palestinienne, que Karma Nabulsi​*​ a appelée “scholasticide”, est au cœur du génocide des Palestinien·xes perpétré par Israël. Cette guerre ne date pas d’aujourd’hui. Elle est menée depuis soixante-quinze ans. Pour bien comprendre comment cette guerre a été menée, nous ne pouvons pas nous contenter de regarder du côté de l’armée et des industries militaires israéliennes, ni du côté du gouvernement d’extrême-droite en place en Israël. Nous devons également nous tourner vers les institutions libérales (comprendre progressistes, ndlr) les plus réputées d’Israël, à savoir ses universités.

Pendant des décennies, les universités israéliennes ont été célébrées en Occident comme étant exceptionnellement libres. Lors du lancement de son seul programme de double diplôme au Moyen-Orient avec l’université de Tel-Aviv en 2020, l’université Columbia (US) a qualifié son homologue israélien comme “partageant l’esprit inébranlable d’ouverture et d’innovation de Tel-Aviv – et bénéficiant d’une vie de campus aussi dynamique et pluraliste que la métropole elle-même”.

L’Université de Columbia n’est pas la seule à considérer les universités israéliennes comme des bastions libéraux du pluralisme et de la démocratie, qui méritent tout particulièrement de faire l’objet de partenariats universitaires dans la région. En 2022, l’organisation américaine “Freedom House” a attribué une note de trois sur quatre à la liberté académique en Israël, affirmant que “les universités israéliennes sont depuis longtemps des centres de contestation et qu’elles sont ouvertes à tous·tes les étudiant·xes”.

La même année, l’institut “Varieties of Democracy” (ou V-Dem Institute), basé en Europe, a classé Israël parmi les 10 % de pays les plus respectueux de la liberté académique dans le monde. Ces évaluations sont le reflet de l’auto-promotion de l’université israélienne, qui se targue d’un “engagement inébranlable et inégalé en faveur de l’excellence, du multiculturalisme, du pluralisme et de la cause de la paix”.

Ce “consensus” occidental a toutefois été remis en question par les Palestinien·xnes. En 2004, des universitaires et des intellectuel·xles ont lancé la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) et ont invité les universitaires du monde entier à entamer un boycott des institutions universitaires israéliennes. Iels ont motivé leur appel à viser les universités israéliennes par des décennies de complicité institutionnelle dans le “régime d’oppression” d’Israël à l’égard des Palestinien·xnes.

Selon la campagne PACBI, les institutions israéliennes d’enseignement supérieur “ont joué un rôle clé dans la planification, la mise en œuvre et la justification de l’occupation israélienne et des politiques d’apartheid”. Pour elleux, le boycott universitaire n’est pas une fin en soi, mais plutôt une attaque sur une cible stratégique: l’université israélienne qui représente “l’un des piliers de cet ordre oppressif”.

Boycott des universités israéliennes

Peu après, en 2005, 170 groupes de la société civile palestinienne – dont des syndicats, des associations de défense des droits des réfugiés, des organisations de femmes, des comités populaires de terrain et des réseaux d’ONG – se sont réunis pour lancer le mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS).

Inspiré·xes par le mouvement sud-africain contre l’apartheid, les Palestinien·xnes appellent au BDS comme moyen de pression sur Israël pour satisfaire les trois exigences fondamentales de la société civile palestinienne, telles que stipulées dans le droit international et les résolutions de l’ONU : premièrement, mettre fin à la colonisation des terres arabes et démanteler l’occupation militaire et le mur ; deuxièmement, reconnaître le droit à l’égalité totale des citoyen·xnes palestinien·xnes d’Israël ; et troisièmement, respecter et promouvoir le droit au retour des réfugié·xes palestinien·xnes.

De nombreux·xses membres de la communauté internationale ont répondu à l’appel des Palestinien·xnes. En Amérique du Nord, certaines associations universitaires ont adopté des résolutions de la campagne BDS durant la dernière décennie, notamment l’American Anthropological Association, l’American Studies Association, la Middle East Studies Association et la Native American and Indigenous Studies Association. Il en va de même pour les syndicats de professeur·xes et d’étudiant·xes universitaires. En Europe, le Teachers’ Union of Ireland, la British Society for Middle Eastern Studies et la UK National Union of Students, entre autres, ont voté en faveur du boycott. Soutenu par de larges coalitions et accepté lors de votes sur des résolutions minutieusement débattues, le boycott académique gagne du terrain dans le monde entier.

La réaction à la croissance de ce mouvement a été sévère. Le gouvernement israélien et les organisations sionistes internationales ont eu recours à des poursuites judiciaires, au lobbying, à la législation et à ce que les militant·xes et les organisations de défense des droits civiques appellent des “campagnes d’intimidation et de diffamation” pour intercepter, diaboliser, voire criminaliser le mouvement partout où il prend de l’ampleur. Le débat sur le boycott académique a bouleversé les universités d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Australie et d’Afrique du Sud et est devenu un élément central des discussions sur la race, la justice et la signification de la liberté académique dans les établissements d’enseignement supérieur.

À de rares exceptions notables, les universitaires israélien·xnes ont répondu à la campagne de PACBI par une opposition massive et souvent indignée. Sur tout le spectre politique israélien, les professeur·xes ont formé des contre-campagnes bien coordonnées à toute initiative de soutien au boycott, souvent soutenues par un financement et des arguments fournis par l’État israélien lui-même. Ces universitaires israélien·xnes – qui sont les représentant·xes de l’État israélien dans le tribunal de l’opinion publique du monde universitaire international – ont, dans l’ensemble, convergé vers un refrain similaire : les injustices commises à l’encontre des Palestinien·xes peuvent exister ou non ; mais même si c’était le cas, cela n’a rien à voir avec nous.

S’opposant au premier référendum sur le boycott universitaire organisé par l’American Anthropological Association en 2015, l’éminent anthropologue israélien Dan Rabinowitz a publié son apologie de l’enseignement supérieur israélien dans l’édition anglaise de Haaretz. “Israël inflige des injustices aux Palestinien·xes, écrit-il, mais rendre les universités responsables de ces injustices est ridicule.”

Cette affirmation des universitaires israélien·xnes selon laquelle iels ne sont que des spectateur·xices est au cœur de la stratégie d’opposition, en particulier avec le soutien croissant du boycott universitaire. Anticipant l’adoption de la résolution visant à soutenir le boycott par l’Association nord-américaine des études sur le Moyen-Orient (MESA) en 2022, les universitaires israélien·xnes ont fondé leur argumentation sur l’innocence tant institutionnelle qu’individuelle.

L’Association israélienne d’études sur le Moyen-Orient et sur l’Islam a déclaré que le groupe était “apolitique” et que les universités israéliennes n’étaient pas non plus responsables de la politique du gouvernement. De son côté, l’Association pour les études israéliennes a supplié la MESA de ne pas “punir” les universitaires israéliens pour une simple “culpabilité par association”.

Chiens de garde progressistes

Après avoir déclaré que leurs universités et associations académiques ne jouent aucun rôle dans l’oppression des Palestinien·xnes par Israël – “même si” une telle oppression existait – les universitaires israélien·xnes se sont empressé·xes de prétendre qu’en fait, ce sont elleux qui sont oppressé·xes. Les universitaires israélien·xnes détournent ainsi l’argument en faveur des droits des Palestinien·xnes – et, plus particulièrement, des droits académiques des universitaires et des étudiant·xes palestiniens – à leurs propres fins.

Selon eux, ce sont la liberté académique et les droits des universitaires israélien·xnes qui risquent d’être violés, car iels sont tenus à tort pour responsables d’injustices. Cette affirmation déforme l’appel de PACBI à boycotter les institutions universitaires israéliennes et non les universitaires individuellement. Pourtant, la majorité absolue des universitaires israélien·xnes continue de se mobiliser contre ce qu’iels affirment être dirigé contre leur personne.

Alors que les débats sur le boycott universitaire ont pris de l’ampleur dans les milieux universitaires occidentaux, certains universitaires israélien·xnes se sont révélé·xes être des chiens de garde particulièrement efficaces. Curieusement, ces universitaires sont souvent des progressistes autoproclamé·xes qui affirment – pour un public international – qu’iels soutiennent les droits des Palestinien·xnes tout en s’opposant au boycott universitaire. En fait, les universitaires et les associations israéliennes qui se disent progressistes fondent souvent leur opposition sur cette même distinction.

“La plupart des voix humanistes et dissidentes en Israël”, a déclaré l’anthropologue Baruch Kimmerling, “proviennent des rangs de l’académie ou sont soutenues par ses membres”. Tout en admettant que tous les membres du corps académique israélien ne peuvent être comptés parmi les défenseur·xeuses des droits des Palestinien·xnes, Kimmerling a néanmoins insisté pour que la communauté universitaire internationale s’abstienne de décréter le boycott, afin de préserver les universités israéliennes en tant que plateforme de mobilisation progressiste.

Plus récemment, en 2023, l’Association israélienne d’anthropologie s’est opposée au second référendum sur le boycott académique dans l’Association américaine d’anthropologie, affirmant qu’il serait contre-productif de boycotter les universités israéliennes qui sont, en fait, “à la tête de la lutte pour le maintien de la démocratie et de l’égalité des droits”.

Les universitaires israéliens progressistes rejoignent donc leurs compatriotes de droite dans leur opposition au boycott académique, arguant que les universités israéliennes et leur corps professoral sont pris pour cible à tort – et donc injustement. Ils s’appuient pour cela sur le principe fondamental selon lequel les universités israéliennes doivent être institutionnellement différenciées de l’État israélien. Pendant trop longtemps, la communauté universitaire occidentale n’a pas remis en question ces affirmations.

L’université des colons israéliens

L’État israélien a été fondé sur la base d’une expulsion massive de Palestinien·xnes, dans le but d’établir une majorité juive comme base d’un État juif. Dès le départ, le monde universitaire israélien a été étroitement lié à ce projet colonial d’élimination et de remplacement des colons. En effet, avant même la création d’Israël, le mouvement sioniste a fondé trois universités, qui devaient précisément servir les objectifs coloniaux du mouvement dans le territoire palestinien.

Tout d’abord, en 1918, l’Université hébraïque a été créée en tant qu’université polyvalente et en tant que centre de formation d’une nouvelle identité collective juive et sioniste et d’une nouvelle nation. Fondée au sommet du mont Scopus, elle a également été construite comme un avant-poste stratégique pour le mouvement sioniste afin de revendiquer Jérusalem. De même, le Technion à Haïfa et l’Institut Weizmann à Rehovot ont été créés pour faire progresser le développement scientifique et technologique d’Israël en tant qu’État juif dans la Palestine historique.

Dans la période précédant la guerre de 1948, ces trois institutions d’enseignement supérieur ont été directement mobilisées pour soutenir la dépossession violente indispensable à l’expansion territoriale sioniste. La principale milice sioniste, la Haganah, a créé un corps scientifique qui a ouvert des bases sur les trois campus afin de mener des recherches et de développer des capacités militaires. Tout au long de la guerre de 1948, les universités ont contribué à soutenir l’expulsion massive des Palestinien·xnes en vue de la création de l’État d’Israël. Les professeur·xes et les étudiant·xes ont développé et fabriqué des armes, tandis que leurs campus, leurs équipements et leur expertise étaient mis au service des milices sionistes qui chassaient les Palestinien·xnes de leurs terres.

Avec la fondation d’Israël, l’État a poursuivi ce projet de remplacement territorial et démographique, officiellement appelé “judaïsation”. À la fin des années 1960, le programme de “judaïsation” d’Israël s’est étendu à de multiples domaines. De nouvelles universités israéliennes ont été construites pour ancrer ce projet territorial et démographique, leurs campus étant érigés en avant-postes régionaux stratégiques qui ont favorisé à la fois le confinement des Palestinien·xnes et l’expansion des colonies juives.

Dans la plus grande ville de Galilée, à majorité palestinienne, Israël a développé l’université de Haïfa et lui a accordé une accréditation complète en 1972. La même année, Israël a construit l’université Ben-Gourion au centre du Naqab, la région connue en Israël sous le nom de Néguev et la moins peuplée par les Israélien·xnes juif·xves.

Après 1967, les universités israéliennes ont créé des “faits sur le terrain”​†​ sous la forme de colonies juives permanentes dans le territoire palestinien occupé (TPO). L’Université hébraïque a étendu son campus du Mont Scopus à Jérusalem-Est occupée, tandis que l’Université d’Ariel a reçu une accréditation complète en 2012 en tant qu’université israélienne la plus récente en Cisjordanie occupée. Pendant plus d’un siècle, les universités israéliennes ont été planifiées et construites pour servir de piliers à l’ingénierie démographique régionale et à la dépossession des territoires palestiniens.

Plusieurs disciplines universitaires sont immédiatement intervenues pour produire ces connaissances à des fins d’utilisation par l’État israélien et, ce faisant, ont repoussé leurs propres limites. L’archéologie, les études juridiques et les études sur le Moyen-Orient, entre autres domaines du monde universitaire israélien, continuent de servir l’État et le maintien d’un régime d’apartheid.

La production de connaissances universitaires israéliennes ne s’est pas seulement effectuée dans le cadre de liens avec le gouvernement israélien, mais a souvent été elle-même orientée vers des applications militaires précises. Les universités israéliennes ont conçu – et continuent de mettre en œuvre – des programmes académiques sur mesure pour former les soldat·xes et les forces de sécurité afin qu’iels puissent effectuer leur mission et améliorer leurs opérations.

Le développement de l’enseignement supérieur israélien a été étroitement lié à l’essor des industries militaires israéliennes, que les universités israéliennes continuent de soutenir. Rafael​‡​ et Israeli Aerospace Industries, deux des plus grands producteurs d’armes israéliens, se sont développés à partir de l’infrastructure mise en place par l’Institut Weizmann et le Technion. Aujourd’hui, les universités israéliennes collaborent avec les entreprises d’armement israéliennes pour larecherche et développement de technologies utilisées par l’armée israélienne et l’État de sécurité dans le TPO. Cette technologie est ensuite également vendue à l’étranger comme étant testée sur le terrain ou ” validée au combat “.

De la répression au “Scholasticide”

L’engagement institutionnel des universités israéliennes envers l’État a profondément façonné les opportunités et les parcours de leurs enseignant·xes et jeun·xes chercheur·xeuses palestinien·xnes. Après des décennies de censure de la recherche critique, dans les années 1980 et 1990, les chercheur·xeuses palestinien·xnes et certain.xes chercheur·xeuses juif·xves-israélien·xnes ont créé de nouvelles opportunités pour explorer l’histoire et les mécanismes de violence et d’oppression de l’État israélien.

Ces travaux et les débats majeurs qu’ils ont suscités ont été immédiatement considérés comme tabous, et les chercheur·xeuses et les enseignant·xes ont été victimes de harcèlement et de campagnes visant à les réduire au silence. Cette réaction n’a fait que s’intensifier au cours des deux dernières décennies, les administrations universitaires s’alignant sur l’État et les partis d’extrême droite israéliens pour définir plus étroitement quelle recherche, l’enseignement et discours sont autorisés sur leurs campus.à

Les étudiant·xes palestinien·xnes sont elleux aussi profondément touché·xes. Depuis sa création, Israël a limité l’accès des citoyen·xnes palestinien·xnes à l’éducation et les universités ont restreint leur inscription. Les administrations universitaires continuent de limiter la présence et la formation des Palestinien·xnes sur leurs campus et collaborent constamment avec le gouvernement israélien pour réprimer leurs étudiant·xes palestinien·xnes, et en particulier les militant·xes étudiant·xes.

Israël a toujours considéré l’éducation palestinienne comme une menace pour son régime et l’a prise pour cible dans tous les territoires qu’il gouverne. Depuis leur création, les universités palestiniennes ont été administrées par l’armée israélienne et assujetties pour éviter qu’elles ne deviennent des lieux de résistance palestinienne.
En Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, les universités palestiniennes sont soumises à des restrictions bureaucratiques qui les isolent et les obstruent, ainsi qu’à des fermetures et des raids militaires fréquents, aukidnapping, la détention et la torture de membres du corps professoral et estudiantin. Dans la bande de Gaza, les universités palestiniennes sont asphyxiées par un blocus illégal depuis plus de dix-sept ans et par des bombardements aériens israéliens répétés.

Aujourd’hui, Israël a dévasté toutes les universités palestiniennes de la bande de Gaza. Pas une seule administration d’université israélienne n’a appelé le gouvernement israélien à cesser de bombarder les universités palestiniennes et de décimer intentionnellement l’enseignement supérieur palestinien.

Les universités israéliennes sont complices de cette phase récente et la plus dévastatrice du “scholasticide”. Elles utilisent leurs établissements, leurs ressources et leurs programmes pour produire de la “hasbara”: de la propagande d’État, afin de défendre Israël contre les critiques internationales. Elles élaborent des études juridiques pour protéger Israël de la responsabilité de ses crimes de guerre. Elles forment des soldat·xes et développent des armes pour l’armée israélienne. Elles accordent des avantages spéciaux, des bourses et même des crédits de cours aux soldat·xes de réserve qui rentrent de la bande de Gaza. Chaque jour, les universités israéliennes rendent ce génocide possible.

Les universités israéliennes entretiennent activement le colonialisme et l’apartheid israéliens, ainsi que leur propre complicité dans la violation permanente des droits des Palestinien·xnes, tels que reconnus par le droit international. C’est sur la base de cette collaboration avec l’État israélien que la société civile palestinienne, notamment la Fédération palestinienne des syndicats de professeur·xes et d’employé·xes d’université, a appelé la communauté internationale à mettre en œuvre le boycott universitaire.

Le mouvement BDS a appelé la communauté universitaire internationale à exiger que les universités israéliennes rompent leurs liens avec le régime d’oppression israélien. Il offre aux membres du corps enseignant et aux étudiant·xes du monde entier la possibilité de rejoindre le mouvement visant à repenser l’enseignement supérieur dans une optique de libération. Car, comme nous l’enseigne PACBI, il n’y a pas de liberté académique tant qu’elle ne s’applique pas à touxtes.


Source image: Building of the Technion – Israel Institute of Technology in Haifa. – Public Domain Image – Source: Harvard.edu


  1. ​*​
    Chercheuse en histoire contemporaine et politique des réfugiés palestiniens
  2. ​†​
    L’expression “facts on the grounds” est utilisée pour faire référence à la politique de colonisation israélienne dans les territoires occupés visant à créer une possesion defacto du territoire à la place d’argumenter une possession dans l’abstrait.
  3. ​‡​
    https://journal.unipoly.ch/2024/02/13/epfl-le-mythe-de-la-neutralite-ou-comment-lecole-a-aide-israel-a-developper-des-armes/

Par Maya Wind

Maya Wind est une spécialiste du militarisme israéliens. Elle est titulaire d'une bourse postdoctorale Killam au département d'anthropologie de l'université de British Columbia.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *