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L’agriculture sur Brûlis fait ravage en Amazonie

Le canard huppé n’est pas qu’un journal repère de militant.e.s gaucho-écolo. Non non !!! Nous souhaitons que toustes les étudiantEs puissent se sentir légitime à partager leurs écrits et s’exprimer ici. C’est pourquoi, quand les responsables du cours de Enjeux Mondiaux: Climate nous ont contacté pour proposer une publication des meilleurs travaux qui ressortent du cours, nous avons trouvé ce partenariat des plus réjouissants, d’autant plus qu’ils apportent une approche scientifique inédite. Les articles publiés ici sont donc directement issus des rendus des étudiants en propédeutiques pour leur cours de Enjeux Mondiaux. Nous vous invitons à initier une discussion dans l’espace commentaires et pourquoi pas aussi à publier des articles revisités de vos travaux en lien avec l’écologie et la durabilité.

La rédaction du Canard Huppé

L’agriculture sur Brûlis pose de nombreux problèmes climatiques et écologiques. Un énorme défi environnemental et social est donc à relever. Il s’agit de restaurer les fonctionnalités naturelles des écosystèmes amazoniens détruits par le brûlis, afin de privilégier les interactions biologiques dans l’agriculture tout en réduisant les intrants chimiques et limitant les techniques de défrichages par le feu. La pratique du brûlis est majoritairement utilisée par les petits agriculteurs et les fermes familiales, qui ont émigré auparavant en Amazonie à cause de la pauvreté.

Une solution intéressante, l’agroforesterie, permet la restauration des puits de carbone grâce à la capacité des arbres de séquestrer le CO2 et celle des sols à le stocker. C’est en plus un moyen de protection des cultures contre les intempéries climatiques violentes. Cette technique peut être utilisée à petite et à grande échelle, n’imposant que très peu de contraintes aux agriculteurs, pour lesquels cette pratique est peu chère.

Une autre solution potentielle à appliquer pour les petits agriculteurs serait la permaculture. Plus difficile à mettre en place, celle-ci est parfaitement adaptée à remplacer le brûlis tout en augmentant les rendements et la diversité des plantes cultivées.

Pour tenter d’atténuer les processus destructeurs qui menacent l’équilibre naturel des
écosystèmes et du climat, la mise en place d’un plan de reconversion de l’agriculture brésilienne est indispensable. Néanmoins, la question sociale et économique est primordiale et doit se voir réserver une place au coeur du projet de reconversion dans un pays où la pauvreté représente 26,7% de la population. En effet, en guise des liens étroits politiques, socio-économiques et environnementaux, une reconversion de l’agriculture brésilienne en agriculture durable requiert d’importants changements dans tous ces domaines. À l’heure actuelle, la question du développement économique est considérée aux dépends de l’environnement.

Sachant qu’aujourd’hui les petits agriculteurs nourrissent 70% de la population mondiale, nous proposons ainsi un modèle qui inciterait ces derniers à délaisser le brûlis et l’agriculture intensive en faveur d’une agriculture plus durable, qui respecte l’environnement forestier et préserve la qualité des sols. La mise en place d’un tel système nécessiterait cependant une grosse part d’investissement des industries agroalimentaires afin d’enseigner aux paysans les nouvelles techniques de respect de l’environnement. D’un point de vue politique, l’interdiction du brûlis, la création d’une police forestière régionale pour protéger les réserves naturelles, ainsi que la création de syndicats de paysans seraient essentielles pour assurer un respect des nouvelles règles mises en place et imposer de bonnes conditions de travail pour les paysans.

De plus, pour aller plus loin et assurer que l’ensemble de la population brésilienne comprend
l’importance de leur patrimoine environnemental, il serait envisageable de considérer une réforme du système éducatif pour y inclure un cours sur l’environnement et le développement durable.

Sachant que l’Amazonie est le point chaud de la biodiversité mondiale, le Brésil possède un grand potentiel économique s’il cherche à développer son secteur touristique vert, sans pour autant perturber la vie quotidienne des animaux.

Certes, la mise en place de ces solutions présente un énorme défi politique (et économique) pour le Brésil qui est dirigé par une minorité élitiste conservatrice. D’autant plus qu’au sein de l’État la corruption règne ce qui pose un problème de manière générale pour tout projet qui n’est pas à l’avantage de la minorité au pouvoir. Cependant, à la suite de la diffusion mondiale des images satellites des feux de forêts en août 2019, sous pression de la communauté internationale, le président Jair Bolsonaro a interdit temporairement (pendant soixante jours) les brûlis afin de diminuer l’intensité des feux. Une juste décision mais qui malheureusement ne durera pas.

Zoé Medaric, Mirko Rado, Aleksa Maslac, Grégoire Bena, Tabea Hugo


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