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Capitalisme patriarcal et féminisme décolonial

Poils, sexe, règles, relations hétérosexuelles et écarts de salaire, ce sont des sujets qui enflamment les débats depuis quelques années. On en parle entre filles et en dîners de famille, on va en manif, on se met seins nus et on fait des collages. Enfin bref, le féminisme est un combat quotidien pour beaucoup d’entre nous et sous des formes diverses et variées. Alors on lit des bouquins pour avoir des bases théoriques sur “c’est quoi en fait le féminisme ?”, “pourquoi et contre quoi on se bat ?” et finalement “comment on fait pour obtenir du changement ?”, et on se rend compte qu’il y a une grande diversité d’approches pour établir une théorie commune. Si l’on souhaite faire avancer la lutte pour l’égalité des genres, nous avons maintenant besoin de plus que  des posts instagram contre l’épilation et des coachs de développement personnel qui nous montrent comment devenir des femmes entrepreneures. Alors on peut s’intéresser à un thème qui est, lui aussi, bien souvent abordé : la répartition des tâches ménagères et du soin. Ce sujet offre une base tangible sur la répartition du travail et des ressources au sein de la société entre les hommes et les femmes, et cela nous est utile pour théoriser au mieux le sujet complexe et vaste qu’est le féminisme. Cette séparation genrée du travail a été largement théorisée sous le nom de “travail reproductif” par de nombreuses penseuses féministes. Parmi celles qui ont théorisé le travail reproductif, l’universitaire, enseignante et militante féministe Silvia Federici est certainement celle qui a produit l’analyse la plus aboutie. Ce sont ses théories qui mêlent analyse de l’économie, du genre et de la société que l’on souhaite approfondir aujourd’hui. 

Dans son écrit Le capitalisme patriarcal1, elle fournit une introduction à la pensée féministe marxiste. Cette pensée reprend l’analyse matérialiste du penseur, philosophe et économiste Karl Marx. On spécifie que Federici est une féministe marxiste dans le sens où elle regarde la société et les personnes qui la constituent non seulement à travers le prisme du genre, mais également à travers celui des classes socio-économiques, telles qu’elles ont été définies par Marx. Ainsi, elle se base sur la répartition du travail et du capital, et non sur les rapports entre les genres uniquement – tel que le fait la féministe Monique Wittig par exemple – ou encore sur les libertés individuelles – comme les féministes dites libérales le font.

Silvia Federici est marxiste, oui, mais elle critique la pensée de Marx car elle la trouve incomplète lorsqu’il s’agit de la situation spécifique des femmes. En effet, l’historien évince presque entièrement la question féministe, et en particulier le travail qui leur est majoritairement attribué au sein de la société : le travail reproductif. Par ce terme, elle désigne l’ensemble des tâches quotidiennes répétitives qui permettent la reproduction de la force de travail, qui rend possible à son tour le travail dit “productif”, essentiel à la croissance d’une société capitaliste. Ainsi, Federici observe que le travail reproductif est largement exécuté par les femmes, et en conclut que ce sont en grande partie elles qui assurent la reproduction de la force de travail, et donc du capital.

Le travail reproductif peut également être appelé  « travail du soin ». Ces termes englobent le fait de s’occuper de la maison, faire à manger, entretenir les enfants, mais également le fait de se reproduire dans le sens faire des enfants ; c’est-à-dire le processus d’être enceinte, d’accoucher et d’allaiter. Contrairement à ce dernier ensemble de tâches particulières, les autres des tâches quotidiennes – autrement dit le travail domestique – pourraient théoriquement être accomplies par les deux genres de manière interchangeable. Cependant il n’en est rien : le travail reproductif et productif subissent une répartition genrée évidente. Par exemple, on estime en 2004 que les femmes pratiquent le travail domestique 2.4 fois plus que les hommes, et ce chiffre monte à 6.7 fois spécifiquement pour le métier de bonne/servante.2 Ce constat pose des questions centrales sur la source de cette ségrégation, qu’elles soient économiques, biologiques ou sociologiques. Sans nous intéresser aux questions biologiques, nous allons discuter de comment, et pourquoi, cette répartition, ou plutôt cette séparation du travail a été introduite et nous nous questionnerons sur les raisons pour lesquelles celle-ci n’a pas encore été dépassée. Pour ce faire, comme Federici, nous utiliserons la grille d’analyse marxiste du capitalisme.

Pour commencer, reprenons rapidement l’histoire de cette répartition genrée du travail ; elle n’est pas aussi flagrante depuis toujours, la séparation du travail reproductif et productif s’est intensifiée vers 1870, avec la fin de la révolution industrielle, et en particulier par la création de la famille prolétaire nucléaire. C’est-à-dire que le mode de vie communautaire paysan, dans lequel les familles vivaient proches de leur lieu de travail, s’est transformé en un mode de vie où l’homme partait de la maison pour travailler et gagner un salaire, laissant ainsi la femme et les enfants au foyer. Ce changement de mode de vie a également été catalysé par le passage d’un travail majoritairement « léger » (textile) à un travail dit « lourd » (charbon, fer). Ce travail plus éprouvant a entraîné une dégradation des conditions de travail et une diminution de l’espérance de vie, ce qui a mené à des mouvements sociaux visant à l’obtention de plus de droits pour les travailleurs. Ces mouvements ont résulté en de nouvelles lois de travail accompagnées de droits spécifiques aux femmes et aux enfants. Ainsi, les femmes ont perdu le droit de travailler autant d’heures que les hommes, pendant que ceux-ci, dorénavant mieux payés et bénéficiant de plus de protection par les lois du travail, sont devenus plus productifs et donc plus rentables. Les femmes ont été renvoyées au foyer et privées de salaire, une dépendance financière à leur mari s’est alors installée.
Comme l’écrit Federici dans Le capitalisme patriarcal :

« […] le capitalisme, par son histoire et son développement, restructure la société à son image, afin de la mettre au service de l’accumulation […] »

Silvia Federici
Le capitalisme patriarcal, p. 17

Ici, en séparant le travail gratuit reproductif du travail salarié productif, c’est la famille qui est restructurée. Ainsi, le capitalisme bénéficiera, par l’union maritale, d’un travail essentiel et non-payé, qui sera dès lors effectué par les femmes. En réalité, avec ces droits supplémentaires pour les travailleurs, nous aurions tendance à croire en une amélioration des droits sociaux, mais cette vision n’est possible uniquement si nous prenons seul le point de vue des hommes, tel que les historien·nes l’ont fait depuis la nuit des temps. En effet, si nous nous concentrons sur le point de vue des femmes et leur situation de dépendance financière à leur mari, il n’en est rien. 

En parallèle au rapport de domination financière qui peut exister entre un mari et sa femme, il est vrai qu’un employé, lui aussi, est dépendant financièrement de son patron. Cependant, l’employé, lui, peut se réunir avec les autres employés afin de partager leur indignation commune, s’organiser, puis faire pression sur le patron pour obtenir plus de droits. Le terme le plus juste pour désigner ce processus est la syndicalisation. Au contraire, la situation des femmes est bien différente de celle des employés syndicalisés. Elle diverge pour plusieurs raisons et la suivante en est la principale : elles ont chacune leur propre “employeur” –  leur mari –  et avec lui, elles signent un mandat à vie ; le contrat de mariage. Ainsi, elles n’ont que très peu de moyen de faire pression, car elles sont isolées et se battent chacune individuellement contre leur mari. Il n’y a pas de syndicat, car il n’y a pas de notion d’ennemi commun. En effet, comment peut-on nommer l’ennemi, lorsqu’il s’appelle Pierre, Paul et Jacques simultanément ? C’est entre autres pour cette raison que des mouvements féministes sont apparus ; pour que les femmes se rassemblent en tant que groupe social opposé aux hommes, et cela dans le but d’obtenir davantage d’égalité socio-économique.

Vers les années soixante, des mouvements tels que « Wages for Housework » se sont battus pour la reconnaissance du travail reproductif que les femmes effectuaient. Celui-ci a dans ce contexte été théorisé par des féministes telles que Silvia Federici qui ont utilisé les outils de Marx pour théoriser la condition particulière des femmes dans le système capitaliste.

Au-delà de ça, à l’échelle familiale, la pertinence de se battre pour des droits est questionnable, étant donné que légalement, les droits sont supposément égaux pour les hommes et les femmes. Ainsi, on peut penser qu’on n’aurait qu’à laisser le temps faire changer les mentalités, que les changements attendus viendraient naturellement, et qu’il ne serait par conséquent plus nécessaire de se battre. Cette manière de penser néglige le fait qu’encore aujourd’hui, la séparation entre travail productif et reproductif est bel et bien présente. En effet, même en Suisse, dans des couples hétérosexuels avec enfant(s), c’est en grande majorité les hommes qui travaillent à plein temps pendant que l’écrasante majorité des femmes travaille à temps partiel ou ne travaille pas.3

La séparation du travail persiste et le partage du capital aussi ; comme le montre notamment l’économiste Thomas Piketty4, ce n’est pas uniquement le travail qui subit une répartition genrée, mais également le capital économique et patrimonial, en particulier via l’héritage. Nous allons discuter des différents mécanismes qui font que cette séparation binaire du travail persiste malgré une égalité théorique supposée. 

Premièrement, il est acquis qu’en principe, le travail peut être réparti tel que chacun·e le souhaite au sein d’un couple, dans le sens où, peu importe notre genre, nous avons toutes et tous des droits équivalents qui nous permettent d’accéder à l’emploi que l’on souhaite et à pratiquer le travail domestique que l’on souhaite. Bien évidemment, tout n’est pas aussi simple que cela : des dynamiques sociologiques et des biais psychologiques parasitent l’ambition des femmes et les influencent dès la petite enfance, via l’éducation et les modèles sociétaux qui leur sont proposés. Par conséquent, elles auront accès, avec ou sans études, à ­­­­­un salaire en moyenne plus bas que celui des hommes. Alors lorsque la question de qui va ou ne va pas rester à la maison pour s’en occuper se pose dans le couple, le choix est vite fait : l’homme sera salarié car il gagne davantage d’argent pour un travail à temps plein. À cela s’ajoute le fait qu’une femme, qui doit se mettre en congé maternité si elle a des enfants, acquerra moins rapidement de l’expérience. Ainsi, les augmentations et les sauts de carrière arriveront en moyenne plus tard dans la vie d’une femme. De plus, il faut savoir qu’il est généralement plus avantageux pour un·e employeur·euse d’engager un homme car il ne risque pas de prendre de congé paternité de longue durée avec les lois actuelles.

Si malgré cela le salaire est égal, d’autres biais entrent en jeu. Entre autres, les femmes reçoivent généralement une éducation qui les rend déjà compétentes dans le domaine du travail domestique, alors que les hommes, au contraire, doivent activement apprendre à s’occuper d’un foyer lors de l’établissement d’un ménage. Cela implique qu’un changement de dynamiques à l’intérieur d’un couple demandera plus d’énergie que de garder la répartition traditionnelle des tâches.

Nous pouvons ajouter à l’analyse de la répartition genrée du travail une perspective en plus ; la distribution de ce travail reproductif entre les femmes, dans le sens où une partie majeure du travail domestique peut être déléguée à d’autres femmes. En effet, il est important de relever que les femmes, afin de travailler, peuvent, du moins actuellement et de plus en plus, employer d’autres personnes pour effectuer ce travail domestique. Cette possibilité émerge du fait qu’une différente classe socio-économique tend à impliquer une différence de statut économique ; ainsi, déléguer ce travail devient l’option la plus avantageuse à la famille qui emploie. La femme qui travaille à haut salaire sera plus rentable en exerçant sa profession tout en employant une autre femme à plus bas salaire qu’en s’occupant seule de la maison, et cela n’est rendu possible uniquement grâce à l’existence des écarts salariaux qui persistent aujourd’hui dans notre société capitaliste. Les femmes qui emploient et celles qui sont employées ont habituellement des origines différentes et un statut social qui les oppose. La délégation du travail à une autre personne peut au premier abord paraître être une « solution » au problème que nous évoquions auparavant car cette répartition du travail permet de transformer un travail gratuit en un travail salarié. Cependant, pour comprendre les problématiques que cette « solution » cache, il faut se rendre compte de qui et dans quelles conditions ces personnes sont employées. Souvent les femmes de ménage sont payées « au noir », ne bénéficiant ainsi d’aucune sécurité sociale. En effet, si l’on prend l’exemple de la Suisse, au moins 65% des femmes de ménage étaient payées au noir en 2015.5 Il est également observé qu’une grande majorité de ces femmes sont migrantes, ce qui implique que le français n’est pas leur langue maternelle. Leur intégration dans la société et leur ascension socio-économique est ainsi rendue d’autant plus compliquée voire impossible.6,7

Pour approfondir les liens entre capitalisme, patriarcat et relations Nord-Sud, l’ouvrage de Françoise Vergès, Un féminisme décolonial8 nous offre des pistes de réflexion pertinentes. Nous pouvons ainsi prolonger cette discussion sur le féminisme en reprenant l’analyse de ce dernier ouvrage, dans lequel l’auteure dénonce un « capitalisme foncièrement racial et patriarcal ». Elle définit le combat que porte le nom de ce livre comme ceci :

« Le féminisme décolonial, c’est dépatriarcaliser les luttes révolutionnaires. »

Françoise Vergès
Un féminisme décolonial, p. 13

Ces dernières souffrent effectivement d’une culture machiste omniprésente, et d’une manière plus générale, profitent majoritairement aux hommes car la situation spécifique des femmes est très peu prise en compte, comme expliqué plus tôt.

Avec cette perspective, on se rend compte qu’employer une femme à la place d’une autre pour effectuer ces tâches ménagères (généralement ces deux femmes sont de classes sociales largement différentes), n’a pour conséquence rien d’autre que de déplacer le problème. Le transfert de ces tâches domestiques sur une autre classe sociale n’a uniquement comme effet de précariser davantage de femmes, et de favoriser l’épanouissement d’une autre classe sociale pourtant déjà aisée. Ce processus peut être considéré comme contribuant à creuser le fossé des inégalités socio-économiques. En effet, beaucoup considèrent – à raison –  que c’est grâce à l’emploi domestique de femmes en situation précaire que les femmes issues de la bourgeoisie ont pu sortir de leurs ménages et pénétrer le marché du travail. Que c’est grâce à la décharge de ce travail sur d’autres femmes précaires que ces femmes privilégiées ont pu se “libérer”. Ainsi, si l’on veut analyser avec plus de justesse la situation économique des femmes, il faut garder en tête que le féminisme dit “libéral” ne peut profiter qu’à une portion minoritaire de la population, à une catégorie plus riche qui peut se permettre de congédier – du moins partiellement – les femmes de leur travail domestique qui leur est traditionnellement assigné, en en employant d’autres. Le problème réside dans le fait que celles-ci sont majoritairement racisées, migrantes, payées au noir, sans sécurité sociale, etc. Comme le formule Françoise Vergès,

« La vie confortable des femmes de la bourgeoisie dans le monde est possible parce que des millions de femmes racisées et exploitées entretiennent ce confort en fabriquant leurs vêtements, en nettoyant leurs maisons et les bureaux où elles travaillent, en s’occupant de leurs enfants, en prenant soin des besoins sexuels de leurs maris, frères, compagnons. »

Françoise Vergès
Un féminisme décolonial, p.6

Le fait de mettre des femmes à la tête des entreprises ou des partis ne change pas la donne, et ne constitue pas l’incarnation d’un féminisme « pour toutes ». Vergès formule une critique de ladite égalité des genres et met ses limites en évidence par l’exemple de femmes meneuses telles que Marine Le Pen, leadeuse du Rassemblement National, un parti Français d’extrême droite. Ce parti ne défend naturellement d’aucune manière les droits des travailleuses migrantes, alors que ce sont précisément ces femmes-là qui permettent à d’autres comme Mme Le Pen d’occuper de telles places en société. Cette place prise par une femme nous est vendue comme étant féministe, mais le féminisme qui en ressort est incohérent lorsqu’il est incarné par une instance foncièrement capitaliste, raciste et patriarcale.

Si l’on veut comprendre les racines du capitalisme patriarcal, il faut garder en tête que celui-ci est vécu différemment par les femmes racisées en pays occidentaux, de par la colonisation que ces derniers ont menée, et du racisme structurel qui en découle. Vergès précise cette idée dans le chapitre Contre l’eurocentrisme :

« Pour donner toute l’ampleur nécessaire à notre critique, il faut aller jusqu’à dire que le féminisme civilisationnel9 naît avec la colonie, dans la mesure où les féministes européennes élaborent un discours sur leur oppression en se comparant aux esclaves. »

Françoise Vergès
Un féminisme décolonial, p. 25-26

En effet, il est nécessaire de questionner la pertinence d’un féminisme qui utilise l’esclavagisme pour décrire la situation des femmes et leur mari, sans pour autant comprendre les enjeux actuels de la colonisation et des formes nouvelles qu’elle prend. En regardant la société d’un point de vue uniquement euro-centré, on manque inévitablement l’analyse complexe des rapports de dominations et d’exploitation et de leurs racines. On peut légitimement considérer que la domination des femmes par les hommes, autant que la colonisation des pays du Sud, ont permis l’avènement du capitalisme. Ce système use de tout ce qui lui permet de se réaliser et de s’entretenir, et cela au dépit des individus les plus opprimés de nos sociétés.

Pour aller plus loin dans notre réflexion, nous pouvons alors nous demander comment considérer le travail reproductif. Comment le reconnaître ? Faut-il lui attribuer de la valeur ?

En effet, si l’on se plaint que ce travail ne soit pas reconnu par la société, il semble nécessaire de trouver un moyen de le considérer comme tel, et ceci en lui attribuant une certaine valeur. On se rend rapidement compte qu’implémenter un système de rémunération pour le travail reproductif revient à repenser l’ensemble du système salarial. Il serait ainsi nécessaire de transitionner vers un système plus socialiste, qui reconnaît toute personne comme étant également contribuable à la société, peu importe la nature de son travail. Cela impliquerait d’avoir un droit du travail plus fort et moins d’écarts salariaux. Des solutions dites réformistes qui pourraient y remédier sont, entre autres, le salaire à vie de Bernard Friot ou le RBI (Revenu de Base Inconditionnel). D’autres changements dans le cadre des droits spécifiques au statut féminin sont également possibles, tels que l’augmentation de la retraite pour les femmes ou l’extension du congé paternité.

Pour conclure, nous pouvons affirmer que pour arriver à une analyse complète de la condition des femmes et du travail qui leur est propre, il est indispensable que nous regardions la société en prenant en compte les spécificités de tous ses mécanismes. Au contraire des féministes dites libérales qui sont aujourd’hui les plus entendues, nous devons considérer notre situation individuelle comme étant inscrite à l’intérieur d’un groupe social d’individus qui subit et perpétue des rapports de domination avec les autres groupes. Il faut également que notre théorie soit cohérente et commune afin que les idées qui en découlent pénètrent la société. Et finalement, que si nous voulons implémenter cette approche féministe marxiste dans le réel, c’est-à-dire dans le cas présent reconnaître la valeur du travail reproductif, il est nécessaire de remanier l’ensemble de notre système socio-économique.

  BIBLIOGRAPHIE

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  3. 3.
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    Joly M. Le genre des capitaux. lectures. Published online June 12, 2020. doi:10.4000/lectures.42127
  5. 5.
    Burnier P. Le nombre de femmes de ménage déclarées a explosé. 24 Heures. http://www.cheques-emploi.ch/site/wp-content/uploads/24heures-Le-nombre-de-femmes-de-m%C3%A9nage-d%C3%A9clar%C3%A9es-%C3%A0-exploser.pdf. Published April 18, 2015.
  6. 6.
    ILO (International Labour Office) New York . INTERNATIONAL  LABOUR  MIGRATION AND DEVELOPMENT: THE ILO PERSPECTIVE. xp – wxms_203884.pdf. Published 2006. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—ed_protect/—protrav/—migrant/documents/briefingnote/wcms_203884.pdf
  7. 7.
    Organisation internationale du travail (OIT) . “Qui sont les travailleurs domestiques” & “Les travailleurs domestiques.” . https://www.ilo.org/global/topics/domestic-workers/who/lang–fr/index.htm & https://www.ilo.org/global/topics/care-economy/domestic-workers/lang–fr/index.htm
  8. 8.
    Vergès F. Un Féminisme Décolonial. La Fabrique Éditions; 2019.
  9. 9.
    Françoise Vergès définit le féminisme civilisationnel comme étant impérialiste et visant à “libérer” les femmes du Sud global en leur apportant plus de civilisation dite occidentale. Par exemple, elle cite la parole des féministes civilisationnelles : “Vous n’avez pas la liberté, vous ne connaissez pas vos droits. Nous allons vous aider à atteindre le niveau de développement adéquat.” (p. 22, Un féminisme décolonial). .

Illustration: RENARD, Titouan, 14 Juin 2020. Ouchy Lausanne.

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