Alors que la froideur de l’automne arrive, c’est bien le nouveau projet du conseil d’état qui fait frémir: un nouvel hiver austéritaire est à nos portes. Annoncées autant à l’échelon fédéral que cantonal, des coupes budgétaires massives vont bientôt toucher le domaine FRI1. À une hauteur effarante de 2.4 milliards dès 2027 et 3 milliards à l’horizon 2028, le Conseil Fédéral prévoit de couper au moins 431 millions rien que dans l’éducation et la recherche. Mais cela ne s’arrête pas là, puisque que le canton de Vaud votera son budget 2026 à la mi-novembre, et projette à son tour des coupes dantesques (305 millions dans le budget général, au moins 13 millions à l’UNIL en plus des 4 millions de 2025, 20 millions dans la santé et les services sociaux). Une décision qui aura des conséquences absolument désastreuses sur le filet social, la recherche et l’éducation, l’accès aux soins, et qui suit la tendance internationale d’éviscération du secteur public.
Qu’est-ce que cela signifie ?
Au-delà des attaques vicieuses sur presque tous les services d’intérêt public tels que la protection de l’environnement, l’asile; le plan d’assainissement implique une baisse nette des salaires de 0.8\% et la suppression de l’indexation salariale sur l’inflation pour 2027. Un coup conséquent sur des secteurs déjà précarisés et malmenés, des postes occupés principalement par des femmes* et des étranger·ères, comme les travailleur·euses du social, de la petite enfance et de la santé, qui sont déjà pathologiquement sous-payé·es et exploité·es. Dans l’éducation supérieure, nous risquons au moins un doublement des taxes semestrielles (autant à l’EPFL qu’à l’UNIL) pour les étudiant·es suisses, et un facteur de 3 ou 4 pour les ressortissant·es étranger·ères, ainsi de des coupes dans le FNS2, la suppression de postes (recherche et enseignement), la non-reconduite de CDD et la lente et agonisante disparition des bourses d’études. Ce plan d’austérité apocalyptique va donc impacter plus fortement les étudiant·es précarisé·es et étranger·ères, et les jeunes chercheur·euses qui subissent déjà la hausse du coût de la vie.
Les dés ne sont cependant pas encore jetés, puisqu’au national le conseil des EPF est encore en débat quant à la hauteur des coupes, et les discussions sont encore en cours dans les commissions du Conseil des États (notons que la CSEC3 n’est pas en faveur). Les débats parlementaires prévus pour la session de cet hiver-printemps, qui promettent d’être houleux, d’autant que la probabilité d’un référendum en automne 2026 est élevée.
Sortir la tronçonneuse
Le vocable et les motivations sont toujours les mêmes, la droite du canton instrumentalise la peur de la dette pour justifier la destruction de l’État social et créer un terrain de privatisation idéal, comme c’est déjà le cas dans la santé depuis les années 2000. L’audace va plus loin, entre les fuites d’impôts de Dittli et une application frauduleuse de la loi sur le bouclier fiscal, l’exécutif du canton espère compenser les plus de 13 ans de cadeaux fiscaux faits aux riches du pays de Vaud. L’agenda du bloc bourgeois à l’œuvre ici est encore de saigner l’État au profit des élites immobilières et entrepreneuriales, transformant la conduite démocratique d’administration publique en lean management néo-libéral.
